Réussir à déterminer à l’avance le sens que prendront les cours dans une journée ? Probablement l’habilité la plus difficile à acquérir.

Et bien non.

A vrai dire le coté prédictif, aussi important est il, est loin d’être le premier facteur de perte chez le trader. Dans l’ordre on trouve : la psychologie et les déviances comportementales, puis le money et risk management et enfin la qualité d’analyse…

Aujourd’hui nous allons nous pencher sur le problème numéro 1 rencontré par les traders, c’est à dire eux-mêmes 😉
Beaucoup de débutants pensent qu’avec une bonne méthode, ils gagneront à tous les coups. Généralement ils se trompent. Devant son écran, un trader connait un certain nombre de biais psychologiques qui l’amènent à prendre telle ou telle décision. N’importe quel trader aussi expérimenté soit-il ne pourra nier éprouver de la frustration après une perte. Ce qui va déterminer si ce trader est bon ou non, c’est savoir si cette frustration va se ressentir dans ses prochaines actions.

 

Comment se manifestent les biais cognitifs dans les actions des traders ?

Il existe de nombreuses configurations, mais on retrouve quelques scénarios assez typiques que nous allons maintenant explorer en détails.

 

L’aversion au risque

On retrouve le même phénomène chez le parieur et le joueur, d’ailleurs le trader au fond dans ses activités n’est autre qu’un parieur.

Soumis à l’aversion au risque, le trader va être amené à assurer ses gains en les réduisant. C’est le principe du « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ». On préfère dans ce cas gagner souvent mais pas beaucoup. On préfère assurer de petits gains que prendre le risque de gagner de grosses sommes. C’est complétement contraire à la règle du « laisser courir ses gains ».

 

L’aversion aux pertes

Ici c’est une caractéristique que l’on trouve uniquement dans le trading. Le trader, sur une position en perte, est sujet à un inconfort profond, et cela simplement car il ne veut pas perdre. Alors pour ne pas perdre, dénué de toute logique et seulement fondé sur un espoir, il va garder sa position ouverte jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il n’y a rien à sauver et qu’il faut couper.

A ce moment il encaissera une lourde perte qu’il aurait pu s’épargner. Ce principe est contraire au principe de base du trading qui est « couper rapidement ses pertes ».

 

L’excès d’assurance

Une règle domine dans le trading, il faut savoir que rien n’est acquis. Et pourtant souvent nous l’oublions, après plusieurs belles réussites le trader se sent en confiance. Prenant trop d’assurance, il pense avoir toujours raison et ne pense pas pouvoir se tromper dans ses analyses.

Il considère que sa faculté à analyser domine l’efficience du marché. Évidemment, il se trompe mais la conséquence de cette arrogance, c’est qu’il va être amené à augmenter son exposition et donc son risque car il gagne toujours. Mais dès lors que la chance ne le sert plus, il s’affronte à des pertes lourdes de conséquences puisque lourdes de capital.

 

Comment lutter contre ses émotions ?

Le but n’est pas de se battre contre soi-même mais surtout de rester lucide et de savoir prendre du recul. Malgré l’envie de réussir, la faculté à dissocier le coté émotionnel du coté opérationnel vient avec l’expérience et le temps.
Cependant, certaines méthodes ont fait leurs preuves. L’utilisation brutale d’un plan de trading est vraiment une expérience très valorisante car elle force malgré les émotions le trader à respecter des règles inscrites.

Pour les personnes qui ont vraiment du mal à se battre contre les maux cités précédemment, il sera intéressant d’écrire les règles du plan de trading sur un feuille et de les lire avant et pendant les prises de positions. Après quelques semaines sous ce régime on arrive à se faire à l’idée de laisser courir ses gains, couper rapidement ses pertes et rester humble.

Par ailleurs, à force de travail et de prise sur soi, on arrive à s’en sortir.

Une autre méthode consiste à tenir un journal de trading, où vous décrivez chaque trade, d’abord les détails techniques (pertes/gains, produits,…), puis les commentaires sur vos ressentis objectif durant vos positions, vos erreurs,… A force de faire cela vous arriverez progressivement à corriger vos problèmes d’ordres cognitifs. Notez que vous pouvez tenir ce type de journal dans la section adaptée du forum 😉

Ce chapitre est court, mais il n’en ai pas pour autant inutile. La finance comportementale, dont Daniel Kahneman est le père, est un domaine d’étude assez récent. En connaissant désormais objectivement l’ensemble des biais cognitifs qui vous toucheront vous serez à même de combattre efficacement vos mauvaises réactions.

 

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